W3C

  • Flux RSS des articles
Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 11:22
    Comme un vrai loup de mer !

        Un souvenir de croisière, au grand large, me revient en mémoire.
      Un ami avait son voilier à la Pointe d'Arradon, sur le Golfe du Morbihan, et souhaitait le ramener à Nantes pour l'hiverner sur l'Erdre.        
   Nous étions déjà en Octobre, un peu tard pour une telle opération. C'était là une vraie sortie en mer. . .
  Je me suis porté immédiatement volontaire pour participer à ce convoyage, sans savoir ce qui m'attendait.
     L'épouse de mon ami nous avait conduits en voiture jusqu'au port avec provisions et bagages, puis était repartie sur Nantes avec la consigne de venir au mouillage sur l'Erdre pour nous récupérer le lendemain.


    Notre premier travail a été d'équiper le bateau pour bien naviguer à la voile dès la sortie de golfe du Morbihan. Mais prudemment, nous avons utilisé le moteur pour éviter plus facilement les nombreuses îles et écueils. Avec simplement les voiles, la navigation est dangereuse si l'on n'est pas un vrai marin du golfe, à cause du courant assez violent.
    C'est donc en milieu de matinée que nous avons pu, au large, hisser les voiles et prendre le cap pour aller à Saint-Nazaire. La météo était excellente, le vent très agréable et la houle légère que le voilier escaladait sans problème. Mais après quelques minutes de navigation, mon ami me demande de prendre la barre et de maintenir le cap jusqu'à notre destination, en ajoutant : « Cela recommence, je vais, encore, avoir le mal de mer jusqu'à Saint-Nazaire. Je vous confie le commandement. Bonne route », et il s'installe dans la cabine sur une couchette.
    Je suis donc resté seul à la barre de longues heures, pas très rassuré, ne connaissant pas les réactions du voilier en cas de fort vent, espérant que la météo annoncée ne changerait pas. Maintenir le cap c'est facile, mais avec les dérives du vent et des courants l'on ne sait pas trop si le but sera atteint. C'était la première fois que je me trouvais en pleine mer, rien à voir avec la navigation dans le bassin d'Arcachon où l'on ne perd pas de vue la côte.
    Notre arrivée au port de Saint-Nazaire était prévue en fin d'après-midi, et nous devions nous accrocher à une bouée libre le temps de rentrer les voiles, de démâter et attendre la bonne marée pour remonter, au moteur, la Loire de nuit jusqu'à Nantes.


    Dès les grues du port en vue, j'ai poussé un cri de joie ce qui a incité mon ami à me rejoindre à la barre, très heureux lui aussi d'arriver à bon port. C'est donc plus au calme que nous avons pu nous restaurer et nous préparer à cette navigation nocturne sur la Loire. Encore un apprentissage me concernant, je n'avais jamais eu à repérer les couleurs des balises éclairées pour les laisser à bâbord ou tribord selon leur couleur. Il est important de rester dans le chenal pour éviter les nombreux bancs de sable de la Loire. C'est impressionnant de naviguer ainsi de nuit. Au petit matin nous approchions de Nantes où le passage sous les ponts reste toujours dangereux à cause du courant et parfois du mascaret, petite vague qui se produit lors du retournement du courant.
    Il nous a fallu attendre à l'entrée du tunnel de l'écluse reliant la Loire à l'Erdre, et utiliser la corne de brume pour signaler notre présence afin de nous assurer qu'aucun plaisancier ne s'y trouvait pour sortir. Le dimanche les péniches ne circulant pas il n'y a pas de surveillance ni d'éclairage, mais les plaisanciers peuvent à leur risque et péril emprunter le tunnel. C'était pour moi une découverte. Assez impressionné, je me suis tenu à l'avant avec un aviron pour, quand le bateau était trop près du bord, le repousser, mon ami avec une lampe torche éclairait les murs à droite et à gauche pour me permettre d'intervenir. . . Drôle de navigation !


     Et soudain, l'on aperçoit le jour au bout du tunnel, quel soulagement. . .     Nous arrivons sur l'Erdre au petit port, à la sortie du tunnel, où le bateau peut faire escale, le temps de remettre de l'essence dans le réservoir du moteur hors-bord afin de pouvoir remonter la rivière jusqu'au mouillage plus en amont.
    C'est donc là que nous rangeons tout le matériel et fermons la cabine avant de regagner terre où nous attend l'épouse de mon ami.


    Mes premiers pas sont « chaloupés » et j'ai du mal à retrouver mon bon équilibre. Mais il paraît qu'il en est ainsi quand on a navigué jour et nuit sans dormir.
    Jamais je n'étais resté aussi longtemps tenant la barre pour mener un bateau à bon port.
    Quel exploit ! Cette aventure reste pour moi un réel bon souvenir ! ! !    Mais le récent retour de cette navigatrice partie faire le tour du monde en solitaire, et qui retrouve sa famille 5 mois plus tard, me donne de réels complexes.
    Il m'arrive parfois de rêver à ce convoyage et je crois être encore à la barre, au large, craignant un coup de vent et cependant heureux de vivre une telle aventure.
   Voyez-vous, la vieillesse a au moins l'avantage d'accumuler les bons vieux souvenirs qui, parfois, reviennent facilement en mémoire et de neutraliser en partie les mauvais. . .
    Doux et vieux souvenirs
                                   qui me redonnent quelques décennies de moins ! ! !
Par PLET - Publié dans : LES BRÈVES
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus