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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 11:52
ANTIDOTE
BONS VIEUX SOUVENIRS DE VACANCES.

    N’ayant pu retrouver les photos de mon voilier j’ai recherché sur Internet et j’ai découvert cette SUPERDORADE biquille et sa remorque : voilier construction en polyester, jauge 2,67 tonneaux, longueur 5,76 m, largeur 2,00 m. Aux couleurs près, on croirait que c’est ANTIDOTE.

Je demande à l’heureux propriétaire de
cet ensemble de bien vouloir m’excuser
d’utiliser cette photo pour illustrer mon texte.

      ANTIDOTE, c’est ainsi que nous avions baptisé notre voilier, car nous espérions ainsi disposer d’un contre poison efficace pour mieux supporter les soucis professionnels d’alors.  Sa coque était toute blanche jusqu’à la ligne de flottaison, le dessous noir et les voiles blanches.


    À l’époque nous habitions à NANTES et ANTIDOTE hivernait sur l’ERDRE à un mouillage près d’un petit port, ce qui me permettait de faire de la voile presque toute l’année.


    Mais les vacances se passaient au Bassin d’ARCACHON, où nous possédons une cabane dans un petit village ostréicole dénommé LE CANON, situé près du CAP-FERRET.
       La route est longue entre NANTES et LE CANON, et en 1970 il n’y a pas d’autoroute. En Août la nationale est très chargée, d’où l’intérêt de rouler de nuit, aux heures les plus calmes.
      Le week-end précédant le départ était consacré à la préparation du bateau : démâtage, rangement, astiquage, mât solidement fixé sur la cabine.
    En fin d’après-midi de la dernière journée de travail, ANTIDOTE pouvait être ainsi glissée sur la remorque pour la conduire devant notre immeuble à NANTES, pour effectuer le chargement des bagages, du ravitaillement et des bouteilles très appréciées par les Bordelais, le Muscadet et le gros plan accompagnant fort bien le poisson et les huîtres d’ARCACHON, et je glissais ces bouteilles dans les soutes sous le plancher.
    Après le dîner, nous prenions la route prudemment. Ce remorquage devait se faire en douceur, avec une vitesse limitée à 70km/h. De temps en temps nous faisions une halte sur le bas-côté pour laisser passer la colonne des voitures qui n’avaient pu nous doubler.
    Vers minuit, nous cherchions un lieu de stationnement pour faire une pause jusqu’au petit matin, nous avions les couchettes prévues à cet effet. La première année, nous nous sommes arrêtés sur une place à Saint-Jean-d’Angélis. C’était calme et nous étions les seuls à y stationner.
   Nous y avons fort bien dormi et je me disposais à préparer le petit-déjeuner que je servais, habituellement au lit à Suzanne, mon épouse, quand j’entendis : « Tu vois bien qu’il y a du monde, ça bouge ! ».      J’ouvre alors la cabine et je découvre deux gendarmes qui m’interpellent : « Vous ne voyez donc pas que vous êtes sur la place du marché et que vous occupez l’emplacement de ce commerçant ! ». Il me désigne un monsieur fort en colère, impatient d’installer son étal et craignant de perdre des ventes. IL souhaitait récupérer sa place au plus vite.
    Nous stationnions en effet pas loin de la gendarmerie, et le bateau était entouré de marchands de légumes, fromages, charcuterie, etc…. Je descendis rapidement, laissant Suzanne au lit. Et au volant de la voiture, je cherchai à emprunter la petite allée. Guidé par l’un des gendarmes, je pus trouver la sortie. Ce gentil militaire se contenta de me recommander de stationner au camping municipal gratuit et m’indiqua par où passer.         Effectivement nous avons pu faire notre toilette et déguster calmement notre petit-déjeuner au camping et c’est là que les années suivantes nous fîmes une étape.
    Mais il nous fallait reprendre la route déjà plus encombrée. Les arrêts sur le bas-côté étaient plus fréquents car la colonne de voitures s’allongeait très vite derrière nous.


      À BORDEAUX, la traversée de la Garonne sur l’unique pont de Pierre était toujours très difficile. Le trop grand nombre de touristes voulant gagner la route des vacances vers ARCACHON ou BIARRITZ provoquait chaque année de plus en plus de difficultés.
    Mais une fois sorti de la ville, sentir les pins et la résine, était un vrai bonheur. J’en profitais pour m’arrêter faire le plein d’essence pour la voiture et le bateau. Mon épouse a toujours prétendu qu’à cet instant, je retrouvais mon accent bordelais que j’avais perdu, ou presque, en Loire- Atlantique.

Notre arrivée au Canon était attendue par nos parents et amis. Nous vidions l’essentiel du bateau et j’allais au port de La Vigne, où un vieux camarade d’enfance, en tant que capitaine du port, me facilitait la mise à l’eau avec la grue. Puis avec mon frère, ou mon beau-frère nous naviguions au moteur jusqu’au corps-mort réservé à ANTIDOTE, au large du Canon.


     Ensuite conduit par mon coéquipier nous retournions au port de la Vigne récupérer la voiture et revenions enfin chez lui pour arroser notre arrivée et nous restaurer.
    C’était une rude journée et nous ne tardions pas à regagner ANTIDOTE à la rame à bord du canot pneumatique.
       La première nuit est toujours difficile. Il faut s’habituer au courant assez fort qui provoque des bruits de l’eau qui glisse sur la coque. Il y a aussi les balancements et les changements de cap quand le courant s’inverse, mais également les bruits des ostréiculteurs dès qu’ils reprennent le travail.
      Et parfois il faut se lever, dans le noir,  pour modifier la tension des cordages pour éviter les bruits qu’ils provoquent par fort vent en claquant sur le mât. Chaque mât a sa fréquence particulière et s’il y a d’autres voiliers à proximité c’est un curieux concert qui nous tient éveillé.
    C’est ainsi que nous avons pu mieux apprécier l’efficacité du voilier à double quille permettant un mouillage au bord de la plage, où il peut facilement s’échouer sur le sable quelques heures à marée basse. La nuit est alors plus calme et silencieuse, surtout autour de l’île aux oiseaux.         Notre première croisière sur le Bassin d’ARCACHON dura 3 semaines.


     Elle nous a permis de visiter tous les petits ports ostréicoles, ainsi que la réserve ornithologique du TEICH, où l’on peut découvrir une grande diversité d’oiseaux.
    Mais ceci fera l’objet d’un autre texte dans quelque temps.
En attendant : BON VENT A TOUS !
Par PLET - Publié dans : LES BRÈVES
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Commentaires

Une petite lecture très agréable !
Ce cabanon du Canon quelle merveille !
Vivement cet été !!!
Commentaire n°1 posté par Christophe PLET le 02/03/2007 à 19h37
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