Mardi 4 juillet 2006
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L’entrée aux ARTS des conscrits de la 37
Le 15
juin 2006, mon anniversaire : 87 ans ! ! j’entre de pieds fermes dans ma 88ème année, alors qu’il me vient à l’esprit ce bon souvenir de mes 18 ans. Octobre 1937, je fais mon entrée en « boquette » - Il s’agit de l’école des Arts et Métiers d’Angers – Il y a intérêt à vite apprendre le langage des gadz’ pour être dans la course. . .
Dans la cour d’honneur, je rencontre un conscrit, élève de première année, qui comme moi vient d’arriver.
Mon nom est Voisin et je suis Breton, me dit-il, et l’on m’appelle Tarzan .
Je lui réponds : moi, c’est Plet mais je n’ai pas encore de surnom, je suis Ours.(du sud-ouest). Et il enchaîne : Plet, ça me plait, désormais tu seras « Sam », puisque ça me plait. Il aurait pu me nommer : « Zir », car plaisir, ou bien « Thore » car pléthore.
Mais il en avait décidé ainsi et dès l’arrivée d’autres conscrits, il se présentait : « Tarzan » et ajoutait aussitôt : voilà « Sam ». Et depuis cette fameuse entrée, tous mes camarades m’appellent « Sam » et cela remonte à près de sept décennies.
La surprise suivante, c’est l’installation dans le dortoir. Une vingtaine de camarades font connaissance et se répartissent les lits dans l’ordre des
numéros, correspondant à la liste alphabétique. Un ancien nous apprend que nous sommes dans le dortoir des « poupons ». En effet, chaque dortoir à un nom, « poupons », ça n’est pas si mal. Chacun range ses affaires et fait son lit en évitant les coups de polochons distribués par les premiers installés, et avec Tarzan je suis de ce nombre. Je constate qu’il y a aussi quelques camarades du sud-ouest, certains de Bordeaux n’ayant pas fait la prépa avec moi.
Puis c’est la première réunion de la promotion, je crois qu’elle a eu lieu dans la salle d’étude des conscrits, appelée « casse-Q ». La direction nous présente l’école et le programme des « réjouissances », puis nous invite à nous rendre au réfectoire, là, chacun se place où il veut et je me retrouve avec Tarzan, ses copains Bretons et des Ours, une sacrée équipe, qui m’adopte.
Le menu du « gorille »,- c’est ainsi qu’est nommé le responsable de la restauration - n’est pas au goût de tous, mais il va falloir s’y faire. . .
J’avoue maintenant ne pas me souvenir des instants qui ont suivi, mais je me revois le soir dans le « pionçoir », il s’agit du dortoir. Certains ont trouvé le temps de faire le lit en portefeuille des camarades râleurs, qui s’étaient fait remarquer dès leur arrivée. Plaisanterie non appréciée par ceux qui, ne pouvant se glisser sous les draps, doivent refaire leur lit, alors que les autres « poupons » rigolent un bon coup, le nez sous leur couverture. Il est donc recommandé de ne pas être râleur, qu’on se le dise ! Voici mes souvenirs de cette première journée de la vie de pensionnaire, en tant qu’élève ingénieur, en l’an 1937. Les jours suivants, par petits groupes, nous nous lançons à la découverte de notre chère boquette : la cour des cloîtres, le clocheton, etc. . .
Mais nous devons aussi tourner en rond dans la cour d’honneur en écoutant les anciens nous initier aux traditions. Les journées défilent trop vite, et nous sommes déjà à la veille de la « Bienvenue », première fête gadzarique pour les conscrits. Mais nous y reviendrons. J’ai eu la chance d’être intégré dans un petit groupe sympathique de camarades ayant fait leur « prépa » à Nantes ou à Angers et qui m’ont donné une notion du style de vie qui nous attendait en boquette. Je n’ai donc pas été surpris du comportement des anciens au contact des conscrits. Je me suis mis dans le bain sans problème, et je réalise maintenant que ce petit groupe de bons camarades est devenu, ce que les anciens appelaient : « le noyau dur de la promo ». C’est ainsi que notre promotion a commencé sa cohésion. Après une soixantaine d’années passées, cette fraternité n’est pas un vain mot, et les rescapés de la 37 ont toujours le même plaisir à retrouver quelques camarades lors des rares rencontres encore possibles. Je constate avec beaucoup de tristesse que ce « noyau dur » est maintenant très réduit. Les camarades les plus actifs et très estimés ne sont plus de ce monde. Mais ces souvenirs sont si riches en émotions. . .Quand me reviendront à l’esprit d’autres bons souvenirs de cette époque, je ne manquerai pas d’en faire part. C’est bon pour le moral. Sal’s et Frat’s ! ! ! - Comme nous disions à l’époque -
Vive le 37 ! ! !
Par PLET
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Publié dans : Les Arts et Métiers
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